Le tout premier cours d’officier de liaison du G5 Sahel – The first G5 SAHEL Liaison Officer Course ever conducted

Jeudi 19 juillet quelque part à l’école malienne pour officier de Koulikouro. La classe bouillonne et les étudiants ne cessent d’interpeler l’orateur avec de nombreuses questions dont la plupart sont complexes et difficiles : Pourquoi procédez-vous de la sorte ? Quelle est la situation précise dans votre organisation? De quel mandat disposez-vous ? Pourquoi votre organisation ne va-t-elle pas plus loin ? Comment interagissez-vous avec d’autres acteurs ? Toutes ces questions proviennent des stagiaires du premier cours d’officier de liaison provenant de tous les pays du G5 SAHEL (comme expliqué précédemment sur ce site). Un officier de liaison est le lien entre deux organisations ou unités différentes et son but est d’échanger des informations de façon à ce que chacun puisse comprendre et connaitre la situation globale. L’armée malienne est responsable de la mise en œuvre du cours et elle est soutenue par la mission de formation de l’Union Européenne au Mali (EUTM Mali).

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La sécurité de ce qui se passe dans les régions frontalières est un des défis principaux auquel doivent faire face les pays du Sahel. C’est pourquoi ils ont décidé de commun accord de coordonner leurs actions contre l’anarchie, les trafics en tous genres, les activités terroristes et le crime organisé. Le G5 Sahel fut créé en 2014 et rassemble le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, Niger et le Tchad. Il fournit le cadre idéal pour relever ces défis ayant été conçu pour coordonner et suivre la coopération régionale dans les secteurs du développement et de la politique de sécurité.

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Afin de pouvoir mener des opérations conjointes et d’optimiser l’interopérabilité (qui se définit comme la capacité de travailler efficacement ensemble dans un cadre multinational), il est nécessaire de s’entraîner ensemble. Cela fut rendu possible grâce à ce cours donné entre le 18 et le 29 juillet 2016. Après la première semaine de cours théoriques, les étudiants ont participé, lors de la deuxième semaine, à des exercices pratiques inspirés d’opérations réelles. Le but de ces exercices était  d’être en mesure de pouvoir coopérer en toutes circonstances dans les régions frontalières et, en tant qu’officier de liaison, d’être capable de travailler dans les états-majors ou postes de commandements des différents pays. Les exercices pratiques ont été complétés par des présentations données par les étudiants. Tous partageaient en toute confiance leurs solutions communes à un problème donné. Les instructeurs de l’EUTM Mali complétaient et pouvaient parfaire les solutions apportées.

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Quel fut le résultat du tout premier cours G5 SAHEL? Tout d’abord, le fait que ce cours puisse être organisé est un succès en soi car il démontre une grande implication des pays concernés. Il fut en outre fort apprécié par les étudiants. Ils attendent maintenant le prochain cours et soulignent avec force que c’est la direction à prendre. Si la région veut relever les défis sécuritaires comme la lutte contre le terrorisme, la contrebande ou les trafics en tous genres, il faut nécessairement que les nations du G5 Sahel coopèrent. Ce cours fut donné au centre d’entraînement de Koulikouro ce qui est déjà en soi un signe de collaboration accru. La voie à suivre dans ce projet important est d’organiser des cours et exercices communs afin de permettre la mise en œuvre d’opérations communes dans les régions frontalières où la nécessité de renforcer le contrôle et la sécurité s’avèrent nécessaires. Le prochain cours sera probablement organisé en novembre avec la possible contribution de certains étudiants du premier cours comme instructeurs.

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